Quelle frustration quand en balayant du regard mon carnet, je constate qu'une page, sans doute la plus interessante, a ete jetee aux ordures, aux oubliettes, oubliee, effacee, dealated, erased. Aiguillon dans la poitrine. Ce ne sont que des mots. Cependant, quels mots! Ceux qui vous nourissent jour apres jour, enfants des battements de votre coeur, du sang qui afflue derriere vos tempes, a chaque pas dans la ville quadrillee de Sydney.
Alors Sydney, voila que je te quitte, comme j'ai quitte Paris, sans me retourner tout a fait, avec cette brume neanmoins sous la paupiere qui palpite. Effervescence.
J'aime ton bus 380 Sydney, celui qui me mene depuis Bondi Beach jusque dans tes entrailles, fourmilliere, massive ou tout s'organise si parfaitement. Trop de perfection tue la perfection. Je ne peux t'aimer plus que cela Sydney, tu es une ville entre toute les villes... et je n'aspire qu'a me delivrer de toi. De tes surfeurs qui bousculent mes sens toutes les 2 minutes, de ces femmes si femmes qui me rappellent quelle enfant je suis. Oui, dans ton ventre Sydney, je suis l'enfant qui decouvre le nouveau monde. J'aime ton Royal Botanic Garden, ses avenues de fleurs merveilleuses qui me rendent hysterique, ses chauve- souris endormies qui battent de l'aile, ses araignees que je ne peux imaginer une seconde et demie dans mon lit, ses gens y sommeillant a toute heure du jour comme si le travail etait une notion inexistante. Que font-ils tous ces gens? Si tu savais ! Le jour et la nuit, le ying et le yang, le bien et le mal. La biere, ennemie du bien ! Les jupes si courtes le jour le sont encore plus la nuit ! Tes gens chassent la nuit. Se tournent autour comme des felins en rute !
Ce que j'aime chez toi Sydney, c'est l'indifference qui transpire ou l'absence de jugement. Nul ne se retourne dans tes rues pour baver. Chacun vit sa vie. Sans se soucier des autres. Je me suis souvent sentie seule pour cela. Et j'ai aime tout autant cette solitude que tu m'as procuree. De ces moments ou j'ai pu apprecie tes silences et tes cris inouis dans la nuit ou au matin, ceux des perroquets qui bataillent, du vent dans les arbres, de la houle qui fulmine contre la roche. Le bleu de ton ciel qui frappe ma retine, tes nuages qui donnent une couleur et une forme a mes reves. Et sont autant de souvenirs qui me donnent envie de t'eteindre et de me sauver. D'ailleurs, un bus nous attend, pour Canberra la capitale, seconde etape donc. Ca fleure bon les promesses et pourtant...