On se rend vite compte qu'on est dépossédé de tout quand on n'arrive même plus à garder un tant soit peu d'estime pour soi.
Je me souviens parfois de ce simple plaisir que j'avais en Australie de ne pas penser à moi, du moins de ne pas penser qu'à moi. Je me sentais alors bien dans ma tête, bien dans mon corps, dans mon coeur, bref, je pouvais me concentrer sur des choses plus amènes à mon épanouissement personnel. Avancer.
De retour dans les impératifs économiques du quotidien citadin, je réalise qu'on trouve cette nourriture de l'âme plus difficilement. Parce qu'il faut aller la chercher tout au fond de soi. Parce qu'on a que soi dans cette jungle. Et peut-être que c'est toujours le cas. Peut-être que j'ai trouvé cette quête moins inaccessible en Australie. Il en fallait tellement peu pour se sentir bien...
Et là, c'est le soulagement. Ca ne dur que 3 minutes. On m'annonce que le contrat ne sera pas renouvelé au bout de ma période d'essai de 3 mois. Le sourire naît de lui-même. Je suis sauve, libre, j'avais oublié de respirer. Et bien que je me rende compte immédiatement de ce que la perte de ce travail implique, je ne peux m'empêcher de sourire à mes deux bourreaux salvateurs. L'une évite de croiser mon regard. L'autre se contente de minimiser le drame. Ne savent-elles pas lire mon sourire? Je n'ai pas besoin de leur soutien dans cette épreuve, car cela n'en est pas une. J'ai envie de chanter, bon, je me retiens quand même.
Parce que je vais vite déchanter, à essayer de retrouver du boulot après cette sacrée opportunité chez l'une des 1ères entreprises Suisse. Je me rends compte à quel point j'avais faim de cette fin.
Laquelle s'en vient le soir après une heureuse nouvelle: nous avons enfin trouvé l'appartement de nos rêves au cœur de la vieille ville. Ca nous ressemble. Son pavé qui nous emboîte le pas, ses petites rues qui se perdent et ses fontaines d'eau fraîche… Nous emménageons le 28 juillet.
Une bonne et une mauvaise nouvelle en un jour. Ca promet pour la suite.