Il a 16 ans. C’est beau. 16 ans. C’est si loin.
Je me souviens de lui, il y a 3 ans de cela, comme d’un enfant pur et drôle. L’innocence joviale, l’esprit en quête de réponse sur le monde, la candeur propre à l’enfance inachevée.
Un artiste dans l’âme. Pourtant sans tourmente.
Il y a longtemps que je ne suis plus artiste dans l’âme et que je ne suis que tourmente.
Il débite son c½ur avec un enthousiasme que je connais bien. Optimiste jusqu’à la moelle. S’il pouvait seulement m’en donner un peu !
Son ½il est neuf. Il n’est pas comme les autres jeunes de son âge, pas comme ces petits cons influençables, aussi sympas soient-ils.
Non, il est un. Il est lui. Et il ne veut surtout pas se tromper de chemin. Il veut être fort, décider pour lui-même. Pour être lui-même. Il veut vivre passionnément, conscient que la vie commence pour finir. Il veut tout prendre sans fléchir.
Petit homme à part. Il s’amuse comme les autres, avec les autres. Pourtant, c’est une personnalité tellement singulière qu’on le distingue nettement au milieu de tous.
J’ai le double de son âge. Et je regrette tellement de n’avoir pas connu ses 16 ans. De me noyer dans la masse informe. De n’être que l’ombre de moi-même, enchaînée à mes peurs.
Il m’a dit « Viens, on saute en parachute ensemble ! Je veux faire ça avec toi ».
Jusqu’à aujourd’hui, je n’avais jamais imaginé le faire sans faire une crise cardiaque, en me pissant ou en me vomissant dessus.
Et soudain, je me suis dis que ça en vaudrait peut-être la peine. Ne plus avoir peur de vivre.
Sauter.