Comme on nous apprend à mettre un pied devant l'autre pour avancer dans la vie, on devrait nous apprendre à vivre au jour le jour pour mieux apprécier ce que l'on aura ou non demain. Faire ses choix, tracer sa route implique parfois de nous retrouver là où nous nous y attendons le moins.
Raz de marée dans ma tête, au bout du monde, au bout du fil. On m'informe: "Des milliers de morts, 1 millions d'êtres humains (supplémentaires) sans abri en Indonésie, en Malaisie, en Inde..." Je pourrais plaquer l'Australie d'un claquement de doigts lorsque les mots "aide humanitaire" arrivent à mes oreilles. Les choix ne sont pas toujours faciles et même souvent nous laissent une certaine amertume.
De nouvelles vagues sont prévues, des vols annulés... Je veux bien être courageuse mais j'avoue manquer de témérité. (Coward or selfish?)
Aurais-je des regrets à vivre une chose plutôt qu'une autre? C'est impossible. Je sais bien au fond qu'on ne peut regretter quelque chose dont on ne peut deviner la portée.
Pourtant, j'en suis là. Affalée sur le canapé, je me demande ce qui m'importe le plus.
Est-ce bien le fait de faire le grand tour de l'Australie pour mon épanouissement personnel ou le fait de m'épanouir tout simplement ici ou là bas, ailleurs...
Il y a bien des façons de s'épanouir. La mienne est indissociable de ces rencontres que j'ai faites et de celles à venir, du partage humain. C'est ainsi que je me suis trouvée, au milieu de 1000 personnages.
On me dit "Ne pense pas trop Audrey". Alors peut-être devrais-je suivre mon coeur plutôt que mon âme et m'arrêter plus longtemps là où la vie prend tout son sens, sur un fil depuis la vague dévastatrice. C'est si simple dit comme cela.
L'important n'est-il pas de trouver un sens à sa vie, où que ce soit ?
Peut-être l'Australie devra t-elle m'attendre un peu plus. L'escale pourrait être un peu plus longue que prévu. Mais je tente de calmer le feu intérieur. A chaque jour sa question, et une éventuelle réponse. Ne vient-elle pas quand on y est le moins préparé ...