Dernier message avant de reprendre la route. Pour un ailleurs...mais lequel?
Tout se precipite. Le visa de David expire bientot, dans un mois. Peut-etre d'ici là nos chemins déjà se seront séparés, peut-être pas. Il me colle à la peau cet "enfant de la balle". Pourtant, mes yeux regardent toujours l'horizon avec une immense quiétude bien qu'ébranlée parfois par quelques incertitudes. Rien de bien grave en soi... bien au contraire.
Je me nourris depuis ce fil sur lequel je tiens en équilibre, j'y dors même, je m'y abreuve et ça a l'air facile parce que David est là, parce qu'il me tient la main. Il n'a pas besoin de me rassurer. Il me pousse même à avancer plus loin et serait plutôt du genre à lâcher ma main sans prévenir pour me donner les preuves irréfutables du possible.
Je suis en guerre avec moi-même. En cure de désintoxication d'une certaine facon. De tout ce que j'ai appris ou plutôt, de tout ce qu'on m'a appris et laissé apprendre sans me mettre en garde. La vraie vie, c'est la sienne propre et on a le droit de la construire depuis soi plutôt que depuis les exemples discutables d'une société asceptisée et qui n'obeit qu'à un principe: être comme tout le monde, se fondre dans le moule.
Je rigole intérieurement comme une hystérique, tandis que le bruit de la rue passe à peine les portes de la bibliothèque où je me trouve.
Avant de partir en Australie, on me réduisait au statut de marginale. Orgueilleuse, je n'en étais pas peu fière. Que penser de la gitane que je suis devenue?
"Ma fille vit dans une voiture !", s'écrierait ma mère... "Faudrait peut-être devenir un peu plus responsable",grommelerait mon pere. "Tu veux les tuer d'inquiétude?", me dirait mon frere sur un ton mi-moralisateur, mi-protecteur.
Non, je veux vivre. Simplement vivre. Etre heureuse. Et c'est indiscutable. Je le suis. Quelque soit la facon. Je suis en train d'atteindre le bonheur absolu.