J'avais envie d'écrire. Encore. Je n'ai rien dit dans mon premier message qui entame mon estomac de quelque émotion, fasse palpiter mon sinus coronaire ou me cisaille d'un aiguillon... Un coup léger, juste ce qu'il faut pour que je puisse réaliser que je vis ailleurs désormais. Le cordon ombilical qui m'a attaché si lontemps à ma terre nourricière est assez long cette fois pour que je ne souffre pas d'un tiraillement intérieur.
L'Australie me paraît si loin. Et l'Espagne... Tout est allé si vite que je n'ai pas su garder mes souvenirs autrement que pour moi, au plus profond de ma chair. J'ai attendu de trancher pour que coulent enfin les mots. Mots abruptes. Ce que je vis est intense. Moi qui croyais que l'intensité se définissait depuis la seule présence d'une mer houleuse, de falaises déchiquetées, d'une nature étouffante, depuis le choc des cultures et du silence de la méditation.
J'ai trouvé à Genève l'antithèse de ma synthèse. J'ai retrouvé David. Celui par qui l'intensité se transforme en syndrôme de bonheur absolu. Celui qui, à mes yeux, rend les paysages non moins fades mais plus encore vivants, passionnants. Celui qui depuis son optimisme et son positivisme contagieux redonne à l'humanité des vertus que je ne lui prêtais plus. Ah... l'Amour étrange qui vous encanaille quand vous avez cherché longuement le moyen d'en sortir la tête haute.
Quelle douceur m'enivre quand il s'absente, sereine à l'idée simple de pouvoir le retrouver. Alors j'avance seule, sourire aux lèvres. Le quotidien ici me surprend. Plus que de coutume, comme un excès de zèle, les voitures s'arrêtent aux passages piétons. Respect ou bien? Vous pourriez même remarquer le pourcentage infime de feux rouge. Ici, le piéton a simplement priorité. J'apprends incrédule que les tram et les bus fonctionnent à l'énergie hydrolique. L'écologie, sans entrave à l'économie, a donc sa place ici. Pour cela seul, je cherche les raisons valables, parce qu'il en existe sûrement, pour oser seulement avoir l'idée de vivre ailleurs. Mais à vrai dire pour l'heure, je suis loin de la confusion parisienne. Tout me semble simplifié et aller dans le bon sens. En fait, dans mon sens.
Après quelques échecs relatifs à ma recherche d'emploi, voici qu'une proposition m'est faite... vendeuse chez Swatch Group... Hmmm... Quelques réflexions ces derniers temps m'obsèdent tels l'écologie et bien entendu mon envie toujours inassouvie d'agir sans faire plus de mal à la planète, de faire de l'humanitaire, d'être utile. J'ai bien du mal à m'imaginer vendeuse chez Swatch car, à part l'heure, je ne sais pas trop ce que cela m'apporterait. Si, sans doute la possibilité de travailler enfin, de dérouiller la machine, de faire du bien à ma cervelle plutôt lobotomisée du fait de dormir jusqu'à plus d'heure ! Soulager David qui travaille 12h par jour, mettre du beurre dans les épinards. Bref, me bouger le cul.
Et puis voilà la Tribune de Genève qui me sert une annonce sur un plateau en argent.... formatrice pour la fondation "intégration pour tous".
Le dossier est parti il y a une heure à peine, mais mes yeux n'en finissent plus de briller. J'ai là au creux de ma main, l'espoir et le bonheur réunis et ... 2 places gratuites pour aller voir au ciné "la planète blanche" !
Affaire à suivre