Voici venir la fin. Et je marche dans Mitchell street sans savoir vraiment ou je vais, ce que je vais faire.
Hier soir, un couple d'aborigenes accompagne de leur enfant est venu nous rendre une petite visite dans le carpark du Gecko lodge et nous a propose d'acheter la voiture cash, de repartir avec tout de suite. La premiere chose a laquelle on pense dans ces cas la, c'est " pourquoi tu veux partir avec ma maison tout de suite? Tu ne l'as meme pas essayee !". Et mon cerveau ne s'arrete plus de reflechir. Un autre couple genre backpackers doit revenir aujourd'hui. Selon notre mecano local (qui fait aussi les pancakes le matin), ils sont serieusement interesses et la voiture est selon lui tout ce qu'il y a de plus facile a vendre a 900$. Bon etat general. Il se propose meme de fixer quelques trucs ici et la pour quelques bieres. Sympa.
La voiture vendue, plus rien donc ne me retiendra en Australie. Car il faut la vendre pour que chacune de nous, Lili et moi, recuperions nos mises de depart. Evidemment, j'ai pour ma part la sensation d'avoir largement amorti Tac tac. Tout ce qu'elle nous a apporte est sans prix. Ceci dit, si rien ne me retient plus ici, c'est sans doute que quelque chose m'appelle ailleurs et cet ailleurs a un prix. Celui de l'avion.
Alors je suis allee me renseigner a l'agence Qantas. La petite dame qui excelle en service clientele (elle a eu une superformation pour sur et ma foi, elle est tout simplement adorable) avec son joli sourire, ses bonnes manieres, sa voix douce et ses mots clairs, m'informe que mon billet est tres restrictif. Que j'aurais sans doute a repartir de Sydney comme prevu. Et la, je vois ses yeux s'eclairer. "Bonne nouvelle, vous allez pouvoir partir de Darwin et cela vous reviendra moins cher que de prendre un vol pour Sydney." Je suis contente puis mon regard se pose sur la map monde down under sur le comptoir. "Ah bon? C'est comme ca que mon voyage s'arrete? la tout de suite, maintenant, je peux partir?".
Une nouvelle boule dans l'estomac. Comme une bobine rembobinee, je me revois 6 mois plus tot (juste 6 mois ?!). Je me demandais alors ce que j'allais trouver en Australie, ce que je pouvais bien aller y faire. Eh bien j'ai trouve. Mais je ne peux m'empecher de visualiser la ligne imaginaire de mon parcours depuis Sydney jusqu'a Darwin. Sentiment d'inacheve et a la fois d'accomplissement. C'est etrange.
Je sens que je dois rentrer. J'ai tant a faire. Et la premiere chose que je dois faire, c'est recuperer de toute urgence Milann le chat car Nadine m'a promis de prendre une decision expeditive si je ne trouvais pas de solution. Puis serrer ma grand-mere dans mes bras en essayant de m'edtimer heureuse de pouvoir encore le faire. C'est la que je realise le sens le plus profond du mot "absence". J'ai envie d'etre la ou je ne suis pas et cette idee me taraude depuis trop longtemps.
Mon chat devient fou, Nadine aussi, ma grand-mere s'en fout c'est fou et moi et moi et moi ! Bah moi, j'ai envie de retrouver mes racines et j'ai envie d'avancer. Le voyage est une de mes raisons de vivre. J'ai appris beaucoup sur la vie et sur moi, tant que parfois je mene des batailles insensees (car s'enrichir est facile au contact des autres mais on gagne peu a n'avoir aucune estime de soi).
Puis, il y a d'autres raisons et une qui me tient particulierement a coeur depuis quelques annees. Ouvrir une maison communautaire, un backpacker, une maison d'hotes, appelez ca comme vous voulez. Un endroit, ou quand on arrive on se sait chez soi. Et pour que tout le monde se sente chez soi chez moi, il va me falloir rencontrer les plus grandes cultures de ce monde.
Et pour pouvoir un jour voir mon projet se realiser, j'ai besoin de grandir encore. De connaitre mes racines donc, ce qui implique d'aller fouiner en Espagne et en Italie, apprendre l'espagnol et peut-etre l'italien.
Et pour ceux qui seraient decus du fait que ce journal s'acheve (je les comprends quand je me relis, j'ai toujours hate de lire la suite !!HIHIHI), vous avez sans doute compris que le voyage n'est pas termine, qu'il commence a peine. Que d'autres carnets de bord verront le jour.
J'ai eprouve un plaisir sans faille a vous dedier les quelques pages ce celui-ci, entre ici et la-bas.
Se perdre est bon, simplement il ne faut pas s'oublier dans ce vaste monde.
Alors je rentre. "Je suis peut-etre fou mais je suis le plus heureux des fous"