Voici venu le temps de respirer un peu, de prendre l'air, de claquer la porte, de s'échapper, de s'envoler pour un ailleurs, d'être dépaysé, de redécouvrir, de ressortir l'appareil photo, de vivre une nouvelle aventure. Ce ne sera pas 10 mois de Canada ou 6 mois d'Australie, ce sera mieux que ça, une semaine de Maroc. Eh bien oui, parfois quelques jours valent mieux que rien ou que tout.
Nous partons dans deux mois et j'ai déjà du mal à me concentrer. Je suis surexcitée à l'idée de... repartir.
Repartir. Nous y voilà encore. Je ne sais pas comment le dire autrement. Je crois que j'aimerais ne jamais revenir quelque part, que ma vie soit un éternel voyage, comme celui de "Siddharta" dont Hermann Hesse retrace le cheminement (livre à lire absolument). C'est juste que je n'en ai pas la force. Dans notre monde actuel, je le verrai comme un caprice ou une course au suicide. Il faudrait soit avoir beaucoup d'argent soit être inconscient pour entamer une telle entreprise. Ne jamais s'arrêter de voyager. Comme ça a l'air bon dit comme ça! Mais voilà, je n'ai pas les moyens de faire des caprices et je ne suis surtout pas suicidaire. Et il faut bien que je l'accepte, je ne suis pas née avec un coeur nomade.
Pourtant, je renierai bien ma naissance pourvu de découvrir le monde entier et passer toutes ces frontières insensées.
Si la terre ne devait plus être que désert de sel ou de sable, ne ririons-nous pas alors de la plus irrationnelle des inventions de l'Homme?
Des barrières invisibles pour mieux délimiter les possessions territoriales de chaque peuplade! Mais nous n'avons rien d'autre que nous sur cette terre! Elle ne nous appartient pas, sinon aux politiciens et autres capitalistes qui se leurrent. Quand les déserts avanceront jusqu'aux portes de la ville, parce qu'ils avancent déjà doucement mais sûrement, l'idée des frontières tombera platement, car les humains devenus réfugiés climatiques se regrouperont d'instinct tous ensembles quelques soient leur culture, leur origine, la couleur de leur peau. Et cette idée seule me réconforte. Je me dis qu'un jour, quelque chose va fédérer tous les peuples. Ce qui me mine, c'est de savoir que cette chose ressemblera à une véritable catastrophe naturelle plutôt qu'à un élan humain naturel. Mais bon, on ne peut tout avoir...
Là-bas dans le désert, j'oublierai ces frontières et repenserai à chacun de ces mots, et peut-être que Genève deviendra un souvenir. Que je repartirais sur la route. Parce que je me rappellerais alors, là-bas dans le désert, que je ne suis que de passage sur cette terre et que la vie se doit d'être vécue grandeur nature sans se mettre davantage de barrières. br />