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 Prénom  alec / audrey  Nom  leclerc
 Age  28  Minimessages  Envoyer un message
 But du voyage  WH Visa  Durée du séjour  qui sait
 Date de départ  31/12/2004   Note: 3,8/5 - 6 vote(s).
 Description : 10 jours à Singapour , puis Sydney le 11 janvier. But: faire le grand tour (+Tasmanie et Nouvelle Zélande) durée de l'aventure: 1 an

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 Localisation : Maroc
 Date du message : 27/04/2007
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 l'arôme de l'orange

Nous partons dire au revoir à l'océan et à la plage de Sidi Kaouki. A Brahim le sage qui offre un lait fraise à David. Une si belle rencontre. Des amis à Roro, résidents aussi au Kaouki nous déposent à Essaouira. Nous camperons dans un hôtel dont j'ai déjà oublié le nom. Nous nous régalons du port, des couleurs qui contrastent chaleureusement avec la muraille de pierres, de l'océan qui semble vouloir en venir à bout. C'est un spectacle dont il est difficile d'être rassasié. Alors nous enchaînons les dîners, tagine, couscous... Et le lendemain, c'est la surprise. Tout commence par des nausées. Des vertiges. Quelques vomissements. Et là, c'est la fièvre. Le pur délir. Je crois que je vais mourir. David supervise la situation, m'épaule, m'encourage, me relève, m'assiste, me soulage. Et rend l'idée de mourir plausiblement paradisiaque. C'est mon délir qui parle... Parce que dans quelques heures, un bus nous attend pour trois heures de voyages en direction de Marrakech. Et là, tout laisse penser que ce n'est pas possible. Pourtant, quelques heures plus tard, je suis assise à côté du chauffeur et je nage en plein désert de rocailles, à travers le pare-brise, fièvreuse à deux doigts de vomir, de m'endormir, d'abandonner. Le seul truc qui me retient au fond, c'est le vide sous le siège. David a dû rester en arrière. Et ce siège où je me retrouve donc seule est de toute évidence prévu pour qu'on se casse délibérément la gueule. Mais je tiens le coup. Lorsque le car s'arrête à mis parcours, je déambule comme une funambule sur quelques mêtres et m'arrête ahurie devant un arbre. Je m'agenouille devant lui. ce n'est pas que soudainement la foi me devient une évidence, c'est que c'est encore devant lui que je me sens le mieux, à l'écart des autres, pour vomir. Je n'y arrive pas. Ca reste coincé et la fièvre fond sur mes yeux. Je ne vois rien, ne sens rien. Puis cette femme marocaine s'approche. Avec une bouteille d'eau. Elle en verse sur la terre et me fait signe d'inspirer. Je respire, une fois, deux fois. Elle me fait signe de tendre mes mains et de reccueillir l'eau dans leur creux pour me rafraichir le visage. une fois, deux fois. Elle verse de nouveau sur la terre et me fait signe d'inspirer. Je respire la terre, une fois, deux fois. Puis une nouvelle fois, l'eau dans le creux de mes mains. Je me relève, ivre de fraîcheur, sortant peu à peu de ma torpeur. Elle fait comprendre à David qu'il me faut un fruit, odorant, une pomme, non une orange. Elle revient vers moi, et montre la médecine. Plante tes ongles dans la peau et tout l'arôme t'ensensera. Cette partie du voyage malgré le délir m'a beaucoup marqué. L'odeur de l'orange fut ma gardienne et d'une certaine façon m'a rendu la vie. Cette femme a été un ange, une apparition sur une route nébuleuse. Je garde son souvenir entre la poussière du désert et l'odeur de cette orange. Nous arrivons à Marrakech. C'est un soulagement. Nous marchons dans le tumulte des embouteillages, nous perdons, retrouvons le chemin vers la médina grâce à un homme qui me semble-t-il serait bien capable de nous accompagner jusqu'à ses portes bien que ce ne soit pas sur son chemin. Nous trouvons une chambre dans un petit riad local, sans fenêtre ou presque. sans intimité, sans eau chaude!!! la plus glaciale de toutes les douches que j'ai prises, c'était à Marrakech dans cet hôtel à l'accueil pourtant très sympa. Le lendemain, nous nous considérons chanceux. Nous trouvons une chambre avec une terrasse qui donne sur la place Jamaa el Fna. C'est là, triomphante que j'ai senti une dernière fois l'arôme de l'orange. C'est là, reconnaissante, que je l'ai dégustée, abreuvant mon corps et mon esprit des souvenirs, remerciant la bonté et le coeur des Hommes que croisent nos chemins. Ne jamais douter de la nature, de celle des Hommes, et de celle qui nous entoure.

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