Je me sens vide et pleine.
Vide. Pratiquement deux mois à vivre l'un avec l'autre, l'un sur l'autre même, 24h sur 24, 7 jours sur 7 dans un 3m carré. A s'aimer, puis à se désaimer. Le genre d'expérience à devenir fou quand on y pense. Vient l'heure du mea culpa. Oui, je fais pénitence ! Capricieuse, coléreuse, condescendante, et surtout désagreable j'ai été avec ce cherubin nommé David. Parce qu'il le vaut bien... (ne dit-on pas qui aime bien chatie bien?!). Vide, parce qu'au fond, c'est devenu presqu'un jeu pour moi, au fil du temps, de nous mener la vie plus dure. Voyons, il est venu troubler mon paisible quotidien, m'apprenant à vivre la plus simple des vies avec presque rien, une vie de bohème comme j'en rêvais. Il fallait qu'il paye pour tant de souffrances, non?!
Pleine (Peut-etre que j'ai grossi?!). J'ai tellement appris. Je suis impossible a vivre (quelle étrange expression)! Et non, je ne me satisfais pas d'une excuse contextuelle. J'ai eprouvé maintes fois l'envie d'être seule et maintenant que je le suis, je suis pleine de regrets.
Car mon intention était bel et bien de profiter de ces derniers jours... Pales souvenirs que je laisse à mon bien aimé. Je l'ai torturé jusqu'à la dernière minute. Nous avons en effet engagé depuis quelques jours une bataille sans fin, échangeant des points de vues divergents, à couteaux tirés, en désaccord toujours ou presque, passionnément, en ne laissant que peu de terrain é l'adversaire. Chacun sa vie, ses expériences. Sans jugement aucun, on a pourtant toujours l'impression que l'autre a réponse a tout et qu'on a tort. Et aucun de nous n'aime avoir tort.
Depuis ce jour ou on m'a dit " Audrey, on dirait que tu te sens toujours agressée et ...arrête de te justifier !", eh bien depuis ce jour, j'ai décidé que je ne valais pas mieux ni moins qu'un(e) autre. J'ai cessé de me prendre la tête pour un rien. Et c'est ce que j'ai farouchement appliqué en arrivant en Australie. Mais voilà, lui là, le joli coeur avec son sourire qui tue, il m'a bouleversée. Je ne crois pas en l'amour, je crois en l'intensité des moments qui le représente. Il m'a appris à vivre au jour le jour. C'est devenu pour moi un moyen de ne pas trop me brûler les ailes. Au jour le jour, on ne s'investit pas. Rien ne sert de construire des fondations si le bâtiment doit rester inachevé. Eh bien je deteste vivre au jour le jour. Je ne crois en rien au jour le jour. Sûrement pas a l'amour.
Ou peut etre que c'est en moi que je ne crois pas, plus. Je sens que la route va être longue. Je dois tout reprendre de zéro. La voiture "Tac Tac" est garée et attend sagement le retour de Lili, je dépose les armes au Pirates backpackers, Fremantle. Un hammac m'attend. La méditation est au programme, trouver du boulot aussi.