I feel like home. I feel so good. Je crois bien que je pourrais rester quelques jours de plus chez Rocky. On a rapidement l’impression de la connaître depuis toujours. Cette guest house est définitivement l’endroit le plus chaleureux où je me sois arrêtée.
Mais aussi le plus stratégique. Rocky vous donne toutes sortes d’infos, vous pouvez louer ses vélos, dégustez son pudding incroyable, vous rencontrez ses amis… vous rencontrez Coco.
Coco, le personnage de cette maison. Un être sensible à la recherche de lui-même, qui vous touche profondément le jour quand il est homme, le soir quand il devient femme.
Tout le monde le connaît ici, mais lui ne connaît pas tout le monde… c’est une star. Je suis épatée de voir que l’âge, la condition sociale et la nature de chacun ne laisse place à aucun jugement. Il n’y a pas de gens à la rue. Il n’y a ni stress, ni agressivité (qui pourrait être due en particulier au niveau de vie peu élevé), ni mendicité. Tout le monde travaille, le plus souvent dans des boutiques où tout se négocie, ou sur les marchés de fruits, légumes et poissons. Ici, il n’y a pas de buildings, d’argent sale, de drogue (quand on encourt la peine de mort, ça n’en vaut plus la peine, par ailleurs, les gens sont trop sains pour avoir seulement envie de se foutre en l’air). Ici, il n’y a pas d’avidité à vouloir posséder pour exister ou du moins pas grand intérêt à montrer qu’on est puissant, pas de surconsommation. Personne n’a de pouvoir et personne n’en veut. Tous sont égaux, tous sourient, les riches aident les moins riches et les moins riches aident les riches qui ne sont plus riches. Il n’y a pas de police. On peut rouler vite, très vite impunément (personne ne viendra vous arrêter) mais ça n’intéresse personne.
Il y a un respect dans ce que je pourrais appeler cette « communauté » que j’ai rarement eu l’occasion d’observer. C’est une grande famille. Bien sûr, vous me direz, la population de Mersing est faible. Et c’est peut-être une raison qui explique que cette ville soit un havre de paix. Comment expliquer seulement tous ces « Hello ! » qui nous sont lancés gaiement dans la rue, en coup de vent depuis les scooters, ces sourires de jeunes filles et d’enfants depuis la plage qui crient « selamat datang ! »(« Bienvenue ! »). Vous pouvez sentir cette générosité, cette bonté presque palpable dans tout votre corps. Elle vous transcende.
Tout ceci, je vous le raconte après 4 jours à peine de reconnaissance. Alors bien sûr, peut-être que je me trompe. Comme on se trompe souvent quand on n’est que touriste et qu’on développe un certain idéal de vie. J’ai trop peur de faire des comparaisons stupides, je préfère encore que vous constatiez par vous-même ce qui me bouleverse ici.
Allez seulement faire une petite balade à vélo (de 26km aller-retour) jusqu’à la plage de Airpapan, traversant ainsi pleins de « villages », la jungle de bananiers et cocotiers. Sentez cette nature vous prendre aux narines…
Cela va être dur de partir.