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far from paradise |
Nous voici revenus au point de départ … The Inn Crowd hostel à Singapour. Sans doute aussi la dernière fois que vous pourrez lire mes aventures avec tous les accents de notre bonne vieille langue française (peut-être vais-je me mettre à déblatérer en anglais !).
Quoiqu’il en soit, une semaine s’est écoulée depuis mon départ et il me semble que mon voyage se termine, comme si partir de Mersing était l’essentiel de ce que j’étais venue chercher. Branle-bas de combat, douche, petit déjeuner léger, dernières photos, on « pack le bag », on se brosse les dents… ça y est, c’est fini le paradis.
Dire au revoir à Rocky, Anwar et Coco n’a pas été difficile car j’avais la certitude en tournant les talons, de les retrouver bientôt. « Bientôt » restant un mot tout à fait relatif dans mon langage car je n’ai aucune idée de ce que représente vraiment les prochains mois, jours…et même les heures. Nous avons donc passé 2h30 dans un car conduit par un fou furieux et qui devait bien rouler à 100km/h (malgré le risque d’aquaplaning). Direction Kluang, car il a bien fallu contourner Kota Tingi par laquelle nous étions initialement passés à l’aller. Il faut dire que la montée des eaux, due en outre à des pluies démentielles et ininterrompues depuis la veille soir, ont fait leur effet. Nous avons donc découvert de nouveaux paysages sous le ciel triste, en nous demandant s’il était possible d’arriver en un seul morceau.
Après avoir eu un peu l’estomac retourné, nous choisissons l’option train. Pour les accrocs du budget encore, au lieu de payer 16 ringgits par personne pour un express, nous avons pris un train local qui met un peu plus de temps (2h30) pour seulement 5 ringgits par personne. Du confort avec des sièges inclinables et peu de monde. Dodo. C’est un douanier qui me réveille. J’ai la tête mal vissée, pas sûre qu’il me reconnaisse sur le passeport ! Arrêt à l’immigration, pause pipi. Deux minutes à tout casser.
On repart sur les rails pour quelques 45mn. Et lorsque je regarde Singapour derrière la vitre dégoulinante du train, c’est avec un autre œil. Bien sûr, ce n’est pas une station balnéaire mais ses buildings malgré la végétation abondante me retournent tout au fond. Je me secoue « Hey ! L’Australie t’appelle ma belle, ça va, deux jours, ce n’est pas la mort ! ». En même temps, je ne peux m’empêcher de me poser la question, que vais-je trouver là-bas qui puisse être au moins aussi fort humainement ? Il faut aller le vivre pour le savoir. Je n’arrive pas à croire à ce voyage. J’ai l’impression que je ne vais plus me réveiller tant ce rêve est incroyable.
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