J'eprouve une certaine frustration depuis mon retour hier sur Melbourne.
La Tasmanie.
Ses plages vierges ou la forets, les buissons, viennent se meler et s'emmeler aux algues; son sable immacule si pur, si doux qui caresse votre corps et s'engouffre dans chaque pore de votre peau; son ocean turquoise glacial... cela prendra une heure, mais vous irez vous baigner, quitte a ne plus sentir toutes les extremites de votre anatomie. Parce que c'est ainsi, c'est trop beau, trop pour avoir des regrets. Il faut se faire du mal parfois pour se faire du bien. Aller de l'avant, se dire que ca passera, que ca passe toujours. Un jour, je ne me souviendrai plus combien j'ai eu froid dans cette eau limpide, transparente, combien je me suis sentie vivre depuis les levres qui tremblent et la vague qui vous prend, violente et vous pique profondement, jusque dans vos chairs.
C'est ainsi, apres etre arrivees a Hobart avec Marie Christine (dite Mc) et Lili, que nous avons roule tout le long de la cote est.
Pour se faire, premiere etape oblige depuis l'aeroport, nous avons pris un taxi (vous pouvez prendre une navette aussi, c'est a peu pres 10$ par personne dans tous les cas pour rejoindre le centre ville). Son chauffeur Michael, d'origine grecque, parle un peu francais et nous conte l'histoire hallucinante de cette ile qui au 19e siecle fut dechiree entre anglais et francais.
Nous essaimons tous les "car rentals" du coin. Plus de voiture. Et la seule qui nous est proposee est a 88$ par jour (soit plus de 400$ pour 5 jours). Ca revient cher. Et la, merci Lonely planet, sur la rue de Barthurst, nous trouvons "le car rental", celui qui va nous louer une voiture pour seulement
211$ les 5 jours. Nous acceptons toutes les conditions et me voici au volant d'un engin loin d'etre tout terrain. Direction Port Arthur, sa prison en ruine ou l'empire britannique envoyait ses bagnards et ceux dont la tete ne lui revenait pas. On poursuit notre route sur la cote est vers Bicheno. L'important etant d'arriver avant la nuit pour eviter tout risque d'accident avec les animaux (ce qui de toute evidence est le quotidien des tamaniens). Bicheno. Il fait quasiment nuit lorsque nous arrivons enfin a trouver une auberge, the bicheno backpackers. On n'avait encore jamais vu un endroit aussi agreable et confortable a 19$ la nuit... je vous invite a y sejourner si l'occasion vous est donnee. Vous rencontrerez Paul, le gerant aux dreadlocks super gentil qui, s'il n'a plus de place et faute de reservation, vous trouvera peut etre un camping car... 2eme jour, Friendly Beach, selon moi la plus belle plage que j'ai vu dans ma courte vie et dont je parle plus haut, puis Freycinet et ses wineglass bay. Soyez en forme. Il nous a fallu 4h pour atteindre cette fameuse plage et le temps plutot pluvieux ne se pretait guere aux extravagances.
Le temps de revenir a Bicheno, nous trouvons un car de touriste devant l'auberge de Paul. Plus assez de lit. On n'est plus tres loin de dormir dans la voiture. Paul nous rattrape et nous propose une caravane a deux pas d'ici pour 50$ la nuit. On ne crache pas dessus. C'est loin d'etre confortable mais cela suffit largement. Le gerant des lieux nous apprend que chaque soir les pingouins baragouinent et rejoignent la mer. Nous sommes toutes jouaces. Mais on ne verra pas cette folle embardee. Trop de gens squattent les buissons et traquent de leur lampe torche les pauvres animaux apeures. Certains meme vont jusqu'a les aveugler avec leur flash surpuissant une dizaine de fois d'affilee. Je ne voudrais pas etre un pingouin a Bicheno. Mais cela doit avoir aussi des avantages... 3eme jour, nous repartons pour les Bay of fires sur la cote nord-est. Arret a Binalong beach. Premier bain glacial. L'eau est emeraude ou bleue, tout se melange. Il me semble que tout pourrait s'arreter apres ce moment... Mais non, on continue la route jusqu'a Launceston, l'autre grande ville de Taz. on visite un peu, pas trop, on repart deja. On prend des chambres dans un hotel bar super glauque dans une autre ville, paumee. Des verres se cassent, une engueulade en anglais me permet d'apprecier le vocabulaire grossier. J'adore. Je m'endors. Petit dejeuner a la terrasse du premier. Il faut deja repartir. Trop vite, tout va trop vite.
4eme jour, on s'engage dans les virages du nord (il ne faut pas etre malade en voiture) jusqu'a Cradle Mountain. Il se fait deja tard. Le stress du Walibi qui surgit devant la voiture pendant que je conduis, amene a un petit conflit, sachant que le temps nous est compte. Je ne roulerais pas de nuit. Personne ne roulera de nuit. Avec la voiture que nous avons, tous ces virages et la frequence des accidents avec wombats, walibis et toutes ces charmantes bestioles, c'est hors de question. Et je ne veux aucunement prendre entre mes mains la responsabilite de trois vies, ni laisser cela a Lili (qui se debrouille pourtant aussi bien au volant). D'ailleurs, tiens, un walibi... Pied sur la pedale de freins a fond. L'important c'est de ne pas imaginer si j'avais roule plus vite, en pente plutot qu'en cote, s'il y avait eu une voiture (ou plus gros !), en face ou derriere, s'il y avait eu un fosse, si ce walibi avait fait un bond en avant plutot qu'en arriere... Bref, on y a echappe belle. On se pose au YHA backpackers de Cradle moutain... 30$ la nuit mais ca les vaut bien... Petite randonnee et petit tour en voiture au lake Dove. Le soir, vous sortez avec votre tasse de the ou votre clope (ce que vous voulez) et la depuis votre terrasse, un oppossum vient vous sniffer. Charmante bete aux poils incroyablement soyeux (attention, ca mord). Et la, chance inouie, vous pouvez observer un bebe diable de Tasmanie qui se reveille et hume les alentours en quete de nourriture. Stupefiant.
5eme jour, il nous faut atteindre le Lake St clair. Lever tot. hop hop hop. 3h de route. Un conseil, une fois arrives, prenez un parcours de randonnee assez long (donc soyez en bonne condition physique), ce qui vous permettra d'en decouvrir bien plus que nos petits yeux. Car pour nous, apres un petit treck, il est deja temps de repartir pour Hobart. 5 jours, c'est trop court. C'est un avant gout, un amuse gueule. C'est frustrant. On s'arrete, on se regarde. On se marre. Ce soir, c'est campement dans la voiture en face du port.
On est roots ou on l'est pas !!!
En quelques mots. La Tasmanie, pour les amoureux de la nature.